J'ai souvent tendance à dire qu'écrire m'est plus agréable et bénéfique que lire. Or, j'ai tort. Lire m'inspire. Je me rends compte que les plus belles choses sont aussi souvent les plus simples. Dès lors, je dois admettre qu'un mannequin défilant avec un échantillon de nouvelle collection est magnifique mais ne m'émeut pas comme je me complais à observer le monde parfois. De même, la littérature très haut de gamme comme j'ai envie de l'appeler, c'est-à-dire au-delà de la littérature historique qu'on peut étudier et exploiter, les discours politiques, les traités de philosophie et toutes ces mondaineries, elle n'est rien face à ces légèretés qui piquent juste là où il faut, qu'on comprend et retient. L'essentiel est dans Lactel, l'essentiel est écrit en petit au début d'un dépliant publicitaire pour une collection de vêtements, l'essentiel est dans ce qu'écrivent des personnes dont le nom n'est pas connu, l'essentiel est modeste et se suffit à lui-même. Mais pour lire, il faut avoir l'esprit libre.
Tout comme pour écouter, tout comme pour comprendre. En suivant ma voie (ici, en l'occurence, ma voix), je m'ouvre un tas de possibilités. Et je bifurque là parce que face à cette panoplie de portes à franchir, je ne puis que faire un bon choix. Moi j'y crois. On doit être deux.
Sur le plateau du Scrabble je m'évade à l'infini, chaque jour. Et je m'amuse, et j'imagine ce que tout deviendra. Moi, nous, eux. Un, deux, trois, le petit soldat... L'armée entière de soldats ! Ceux qui trop souvent se contentent béatement, ceux qui douloureusement me rappellent moi tout craché, la bouille en moins, juste ces anecdotes et répliques, en ce qui concerne mon portrait-cousine, d'une logique implacable, battantes et rebelles, en fait oniriques et réelles sans le savoir.
Et à cet âge-là ici je courais partout, me dépensais, revenais rouge et fatiguée pour le thé et ses biscuits. Mais aujourd'hui le besoin d'intellectuel se fait ressentir et l'on me reproche alors exceptionnellement de ne pas profiter du "beau" temps pour m'aérer. Je profite du soleil à travers la fenêtre, je profite de cette opportunité pour me vider, je profite de ce va-et-vient incessant qui par contraste me donne l'impression qu'un ou deux moments de silence s'intercalent héroïquement. Il est difficile de s'isoler avec succès dans une maison où la vie en communauté à laquelle je ne suis pas habituée est la priorité. Comment faire plaisir en ne pas m'effaçant? Comment vulgariser cette flagrance divergence? Comment ne pas me frustrer de ces banalités?
Subir et compenser. Fuir et manger. Ecrire et aimer. Toujours ainsi il en sera, et écrire mes mémoires nécessaire il sera. Puisqu'il paraît que rien ne change, que ce n'est pas parce que petit on croit devenir fort en grandissant qu'une fois grand on se sent fort. Le livre pense comme moi en beaucoup de points. D'un côté ça me réconforte et d'un autre ça m'enlève mon individualité. Compliquée. Certes. Mais adroite et en partie auto-éduquée parce que d'où je viens existe pour que je puisse le fuir. Incomprise, je n'ai que cette question du sens en tête, à la bouche je n'ose même plus car mes oreilles n'ont droit qu'à des arguments d'autorité, de normalité, de légalité (ce qui en soi est tout pareil) ou de coutume, quand encore réponse il y a. Moi je sais juste que ça me dépasse par en dessous et qu'encore une fois c'est moi qui suis mise à l'écart. Voyons le bon côté des choses, maintenant je mange des jambon-fromage-beurre-maïs-carotte-ananas.
Mais je reste sur ma faim. Man soll nicht immer die Kinder quälen. J'ai soif d'une reconnaissance mais oublie que ma vue est surdéveloppée par rapport à la normale. Je crois avoir soif d'ambition mais me laisse finalement décider impulsivement au dernier moment puisque je sais que je n'irai nulle part. Mon coeur a élu domicile et me donne cette impression de certitude qui ne semble pas tromper. Mon plus grand réconfort est lié à la source de mes mots, du (din)don dévoilé.
Ici, le temps s'est arrêté. Parce que la vie pra(gma)tique ne me permet pas la continuité et que je me débrouille toujours pour m'accorder du répit. Par intermittence.
Tout comme pour écouter, tout comme pour comprendre. En suivant ma voie (ici, en l'occurence, ma voix), je m'ouvre un tas de possibilités. Et je bifurque là parce que face à cette panoplie de portes à franchir, je ne puis que faire un bon choix. Moi j'y crois. On doit être deux.
Sur le plateau du Scrabble je m'évade à l'infini, chaque jour. Et je m'amuse, et j'imagine ce que tout deviendra. Moi, nous, eux. Un, deux, trois, le petit soldat... L'armée entière de soldats ! Ceux qui trop souvent se contentent béatement, ceux qui douloureusement me rappellent moi tout craché, la bouille en moins, juste ces anecdotes et répliques, en ce qui concerne mon portrait-cousine, d'une logique implacable, battantes et rebelles, en fait oniriques et réelles sans le savoir.
Et à cet âge-là ici je courais partout, me dépensais, revenais rouge et fatiguée pour le thé et ses biscuits. Mais aujourd'hui le besoin d'intellectuel se fait ressentir et l'on me reproche alors exceptionnellement de ne pas profiter du "beau" temps pour m'aérer. Je profite du soleil à travers la fenêtre, je profite de cette opportunité pour me vider, je profite de ce va-et-vient incessant qui par contraste me donne l'impression qu'un ou deux moments de silence s'intercalent héroïquement. Il est difficile de s'isoler avec succès dans une maison où la vie en communauté à laquelle je ne suis pas habituée est la priorité. Comment faire plaisir en ne pas m'effaçant? Comment vulgariser cette flagrance divergence? Comment ne pas me frustrer de ces banalités?
Subir et compenser. Fuir et manger. Ecrire et aimer. Toujours ainsi il en sera, et écrire mes mémoires nécessaire il sera. Puisqu'il paraît que rien ne change, que ce n'est pas parce que petit on croit devenir fort en grandissant qu'une fois grand on se sent fort. Le livre pense comme moi en beaucoup de points. D'un côté ça me réconforte et d'un autre ça m'enlève mon individualité. Compliquée. Certes. Mais adroite et en partie auto-éduquée parce que d'où je viens existe pour que je puisse le fuir. Incomprise, je n'ai que cette question du sens en tête, à la bouche je n'ose même plus car mes oreilles n'ont droit qu'à des arguments d'autorité, de normalité, de légalité (ce qui en soi est tout pareil) ou de coutume, quand encore réponse il y a. Moi je sais juste que ça me dépasse par en dessous et qu'encore une fois c'est moi qui suis mise à l'écart. Voyons le bon côté des choses, maintenant je mange des jambon-fromage-beurre-maïs-carotte-ananas.
Mais je reste sur ma faim. Man soll nicht immer die Kinder quälen. J'ai soif d'une reconnaissance mais oublie que ma vue est surdéveloppée par rapport à la normale. Je crois avoir soif d'ambition mais me laisse finalement décider impulsivement au dernier moment puisque je sais que je n'irai nulle part. Mon coeur a élu domicile et me donne cette impression de certitude qui ne semble pas tromper. Mon plus grand réconfort est lié à la source de mes mots, du (din)don dévoilé.
Ici, le temps s'est arrêté. Parce que la vie pra(gma)tique ne me permet pas la continuité et que je me débrouille toujours pour m'accorder du répit. Par intermittence.
(Ecrit le 6 avril 2009, dérangée par le peuple et de manière incomplète (même pas d'allusion au pull). Si seulement je daignais sortir, j'aurais une photo. C'est même pas le cas...)