+Comment me concentrer lorsque je suis dépassée? Fatiguée du temps qui passe, du rythme de ma propre vie. Je remplis mon emploi du temps pour ne pas me donner l'impression de le perdre. Mais je me cherche encore; entre le oui et le non, le trop et le pas assez, le je le mérite ou le merde, ma conscience me rattrapera de sitôt.
Ma conscience...
Je n'ai pas de raison ni se bon sens, seulement une conscience bien trop intense...Aujourd'hui, jour férié. Pourtant les contrôleurs de la SNCB travaillent. Le monde ne cesse jamais de bouger. Le monde m'effraye par sa trop grande diversité. Ca n'veut rien dire? Ca veut tout dire.
Aucun paysage n'a de semblable, aucun visage n'est remplaçable. Jolie phrase, et je tente de ne pas m'égarer. Dans le train entre Liège et Arlon, sur la carte de la Belgique, dans mon cours de géo, en moi. On accélère. Je cite encore cet état d'ivresse naturelle, souvent lié à cette aspiration par l'espace. On ne se rend pas compte de ce qu'on vit, de ce qu'on risque, de ce qu'on entreprend car la vitesse est exponentielle... Et parfois, je le regrette, ressens le besoin de me poser. Et de me concentrer. Ca n'a l'air de rien mais je considère qu'écrire de la manière dont je le fais me coûte un certain effort.
Je pars dans tous les sens... Case-toi? Mais je vole... Je n'sais pas. Les arrêts défilent, et moi je peine à faire marche arrière.
Il pleut. Les gouttes d'eau ruissellent en oblique le long des fenêtres, quelle rapidité... c'est éphémère. Je deviens mélo, mon Dieu mais quelle horreur!
N'utilise pas les mots sans être sûre de leur signification... Dithyrambique: de moins en moins de jours ne passent sans que j'ouvre au moins une fois le dictionnaire. Et alors, fétichiste ça veut dire quoi? Et décrépitude, inextricable, exorcisé, incohérence..?
Ok j'arrête mon délire, j'ai changé de train et il ne pleut plus, il y a même au loin le soleil qui perce à travers les nuages. On y va? Je me structure.
Flash back. Evidemment... Nous sommes le vendredi 7 novembre et des rhétos habillés Jet-7. Nous sommes extrêmement nuls en chimie et nous nous en fichons car nous sommes des jeunes vivants et fêtant mon dix-septième anniversaire. C'est vrai que ça fait chaud au coeur de voir sa boîte de réception pleine de messages tout aussi doux les uns que les autres... Même encore quelques jours après se manifestent quelques oubliants (a). Alors en tout, j'ai reçu énormément de choses. Des rêves d'Islande, un miroir, des gants, des cartes, des boucles d'oreille, un collier, un bracelet, une peluche ET d'autres "babioles" (telles que les bonbons que je devrais pas manger parce que j'me goinfre pas mal ces derniers temps) auxquelles je rattache nos souvenirs de cette soirée et qui ont une grande valeur affective, grande comme tout ce que j'ai reçu de vous. Charline, Sophie, Lisanne, Léa, Julien, Jérémy, Anthony, Jonas, Vincent et moi.
Savoir recevoir, c'est déjà donner. Je n'oublierai jamais le ballon qui s'est envolé forever vers le ciel (fichu hélium !). Comme une enfant, me voilà déçue (à retardement: fichue substance un tant soit peu alcoolisée et fichu vent soufflant trop fort). Actions, vérités. Coups d'fil débiles. Et là je ris sans de rien me soucier...
De huit heures vingt à minuit et demie j'ai été, je
fus le centre d'attention... Samedi matin, j'ai dansé, j'ai fait des math; et en soirée je me suis évadée. Fratin, là il m'en vient bien moins à dire. Handicapée du froid, voisin manquant car voisins en couple, nombre insuffisant car individualités dispersées; je vous prie de m'excuser si je n'ai même pas su faire ressentir correctement à l'organisatrice et fêtée mon enthousiasme et mon énergie. Pictionary.
Dimanche a eu droit à sa surprise aussi. Prise de court, on ne peut plus, j'ai souri inévitablement, flattée puis chamboulée. Et puis j'ai pleuré. Il y avait trop de place laissée à une nouvelle indifférence.
On ne se connaît plus, mais je n't'appartiens plus, tu ne m'appartiens plus... C'est exactement ça.
Lundi. 17h46, je ne m'arrête jamais. J'en oublie ma faim, ma soif, je me vide l'esprit. Je dois être la seule imbécile qui va à Liège sans aller faire un tour dans le Carré, n'est-ce pas? Certes.
Paranoïak c'est mieux, quand ça remplace La Plage. Et mardi, se lever à midi c'est exceptionnellement du luxe. Je mène une vie de bourge. Pas par rapport à la société autour de moi, mais par rapport à tout ce qui fait écho autour de moi. Je n'analyse pas la relation, ne détecte pas de mal ou de bien, m'en vais comme une voleuse après avoir fait le plein de tendresse
et la vaisselle, cela ne m'empêchant même pas d'aller mendier ailleurs ensuite. Je suis désolée.
Me voilà rentrée. Parfois, j'ai l'impression d'aborder un échantillon de vie estudiantine. Je me vois avec des cernes jusque par terre, grossir, sans sérieux scolaire et encore un peu seule dans ma pièce de vie. Heureusement que j'pars me faire dorloter encore une année, en espérant que ça m'en donnera envie...
C'est dans cet état second et sans aucune poésie que je vous libère ici...
PS: cette photo fut prise en plein mettage de collier de tortue reçu en toute amitié et me fait rire, bien qu'y en ait une plus jolie de ce cher Voisin et de moi-même, faisons dans l'originalité